janvier 31st, 2011

Les gens n’ont plus peur du divorce ou de la séparation et ils n’y pensent pas dans des termes dramatiques. La dimension morale de tout divorce ou rupture n’a plus le prestige d’avant. Il est en effet un échec, mais personne ne meurt pas à cause de cela.

Après un certain temps aprés la rupture, toutefois, les choses ne sont pas si simples. Toute relation est un investissement. La personne dont vous vous séparez est comme un dépôt bancaire. Vous y déposez toujours quelque chose de vous-même: des expériences, des pensées, des gestes, des sentiments, des joies, des peurs, des impressions, des déceptions, des projets, des espoirs, des aspirations… Mais la banque a fait faillite et votre dépôt n’y est plus. Vous n’y pouvez plus accéder parce qu’il n’existe plus. Cette vision sur la séparation est très évoluée, l’analyse et la réflexion sur l’idée de relation y existent. Mais, la plupart des gens ont tendance à croire que la séparation a une seule cause et les conséquences se manifestent dans un seul aspect de la vie. La séparation est une réalité très complexe. Comme l’amour.

Il y a des statistiques générales qui montrent que les personnes, indépendamment de leur sexe et l’âge, sans exception aujourd’hui se séparent beaucoup plus facilement que dans le passé. Le taux des divorces renforce l’observation sociologique. Et pourtant, les femmes, même si de nos jours sont plus émancipées, moins disposées à faire des sacrifices et s’armer de patience, ils se séparent plus difficilement que les hommes.

Les jeunes femmes abandonnent une relation sans y penser trop et elles supportent difficilement les insatisfactions de la vie du couple, car elles ont devant elles le potentiel de faire de meilleurs choix, elles n’ont pas d’enfants et se débrouillent très bien financièrement. Mais même ainsi, en ayant des enfants, mais aussi un peu d’argent, elles peuvent encore choisir de devenir une famille monoparentale. Les femmes plus âgées, menacées par la concurrence, pèsent plus la situation et analysent aussi les conséquences. L’expérience de vie leur donne une vision plus réaliste sur la séparation.

Les signes d’une rupture imminente

Aujourd’hui, le terme «prévention» est très à la mode. Afin de ne pas souffrir dans la vie, quel que soit le type de douleur, la componente psychologique, émotionnelle sont obligatoires, on doit « prendre des mesures préventives. » La prévention existe aussi en ce qui concerne la séparation. Les psychologues disent qu’on devrait être très attentifs pour détecter les signes d’une relation en danger. Il y a quatre signes distincts d’une rupture imminente à l’avenir: la critique – chaque jour les défauts du partenaire sont énumérés et de toute évidence, le mécontentement, le mépris – les expressions faciales et le dénigrement verbal; la défense – la passivité et l’absence de l’autre; « vous parlez, vous écoutez », l’isolement.

L’humanité traverse périodiquement une crise morale. De point de vue des psychologues la facilité avec laquelle la société accepte la séparation – en négligeant les coûts psychologiques et la question des enfants, etc. – contribue à la détérioration de l’équilibre émotionnel des femmes et des hommes.

 

Le proverbe « Comme on fait son lit, on se couche » exprime très clairement l’idée de la cohabitation. Il peut être compris comme un mode de vie aussi. La vie comme un « lit bien arrangé ».

Parfois, les parents organisent la vie de leurs enfants. L’exemple le plus connu est celui des mariages arrangés. Parfois, et de plus en plus fréquemment, les parents contestent, acceptent ou profitent des arrangements de vie de leurs enfants. Souvent, les décisions des jeunes sont influencées par les parents, par la façon dont ils perçoivent la vie.

Il y a des aspects juridiques, mais aussi une composante psychologique des arrangements de vie. Il y a une raison, mais aussi un choix affectif. Choisir de vivre d’une certaine manière implique toujours un certain nombre de raisons. Vous pouvez vivre seul ou vivre avec quelqu’un. Ce quelqu’un doit vous apporter au moins un avantage. En psychologie, il est dit que toute interaction entre deux individus et toute cohabitation a une justification.

Il y a des modalités de vie qui sont dictées par des raisons externes au désir d’une personne – «Je me suis marié à X pour sauver ma famille de la pauvreté, par exemple – ou des raisons purement personnelles - » je fais ce que je veux, c’est ma vie « .

Certains modes de vie tombent dans la futilité et la désuétude par des changements dans la façon dont les gens apprécient le comportement social ou la relativisation des normes sociales. Le trop fameux «triangle», dans lequel un homme avait une épouse et une maîtresse et l’épouse était au courant de l’existence de la maîtresse est extrêmement rare aujourd’hui. 

Dans le passé, il était juste un cliché. Dans le siècle XVII-XVIII en France, le contrat de mariage avait de nombreuses clauses, regardées de nos jours avec étonnement, comme celles dans lesquelles on mentionnait le nombre d’amants de la femme au cours de la vie en couple.

Non seulement le temps change le mode de vie. Peu importe le temps, la variété des façons dont les gens organisent leurs vies est si grande, que nous nous rendons compte que les modèles ne sont que des vastes schémas qui comprennent de nombreuses situations et très particulières.

 
 
janvier 31st, 2011

J’ai longtemps cru que le secret, la qualité d’une information d’être considérée un secret, tient de la nature de l’information. C’est-à-dire de ce qu’on dit ou non. Mais ce n’est pas seulement cela. Pour qu’un secret soit vraiment un secret – donc ce qui le définit – est lié au nombre de personnes qui connaissent un certain fait, action, etc. Ou en d’autres termes, à combien de personnes nous nous sommes confessés en disant une certaine chose. Moins de gens savent quelque chose sur nous, plus la chose est un secret. Quand un secret est révélé et se propage, il cesse d’être secret.

Seulement nous deux le savons

En général, le secret réside dans le fait que nous ne désirons pas que les autres apprennent une certaine chose. Nous voulons cacher quelque chose. Toutefois, souvent, nous ne pouvons pas garder le secret pour nous, nous voulons nous confesser, partager avec quelqu’un ce qui nous est passé ou ce que nous voulons faire.

J’aime plus que le mot mystère au lieu de secret. Le mystère est quelque chose de caché, loin du monde, loin de la vue, de la lumière. Il y a des liaisons mystérieuses entre les gens. Il y a l’amour mystérieux. Il y a évidemment des raisons pour lesquelles les relations d’amour sont mystérieuses. Les recherches des psychologues montrent que les relations d’amour cachées ont au début une composante émotionnelle supplémentaire, donnée par l’idée d’aventure, de proximité, « seulement nous deux le savons », qui apporte à la relation une touche d’excitation et d’inhabituel.

Une fois que ces relations se prolongent, devenant, par leur contexte, impossibles, soit sans une solution, elles produisent des frustrations, d’insatisfactions, en raison de l’impossibilité de partager avec ses proches, aux autres la joie. Ce qui est fascinant dans le monde des relations érotiques – et des relations interpersonnelles en général – est la variété de leurs formes et nuances qu’elles ont dans la vie quotidienne. Le secret, le mystère exige à un moment donné être révélé, connu, devenir légitime, voire légalisé. Ce n’est pas le mariage qui légitime une relation, mais son expression publique. Dans le mystère, les relations meurent tout simplement parce qu’elles n’ont aucun lien avec l’extérieur, à travers le monde.

 
 
janvier 31st, 2011

Le cynisme et la lucidité, ne s’entendent pas bien avec le romantisme et l’idéalisation. Basé sur ce rapport se trouve le suivant dilemme: maintenir une relation – quelle qu’elle soit – pour la vie comme nous dit l’église, ou nous concentrer plus sur la qualité de la relation, sur la satisfaction qu’elle nous apporte? Nous appliquons la notion de durabilité – «résister toute la vie» – comme pour les objets, ou de périssabilité, «tout se dégrade au fil du temps»?

 
«Jusqu’à ce que la mort nous sépare» ou «jusqu’à ce que la relation meure et les biens se séparent»?

Ces mots semblent exprimer les deux solutions réalistes, auxquelles on pense même à contrecoeur en regardant autour de nous et en observant toutes sortes de situations de souffrance ou, au contraire, de « coeur léger » et d’excitation érotique. Certains chercheurs apportent deux arguments: il faut tout penser en termes d ‘«engagement» et «amour». Si l’engagement est profond et sérieux mais il arrive que nous voulions plus que cela, l’amour n’est pas toujours la solution. Tout au contraire, l’amour peut nous apporter encore plus de mécontentement et de confusion si nous le définissons aujourd’hui d’après les idées et les émotions actuelles. Parce que nous devons l’admettre: le monde change, les gens aiment d’une façon différente de nos jours, d’une manière qui tient de l’esprit et des valeurs de l’époque.

Mythes sur l’éternité

Aux amoureux à leur premier amour ou même à ceux qui, ayant un passé, aimeraient rester à un seul amour, personne ne leur dit à quoi s’attendre ou ce que le temps leur réserve. Ce temps qui érode tout, même l’amour qui est « dur comme la roche ». L’eau est l’ennemi de la pierre, le temps est l’ennemi du grand amour. Ils sont regardés avec indulgence, humour, voire avec nostalgie ou jalousie. Et donc, les chercheurs parlent des mythes, en voulant les déconstruire, avec les arguments de ceux qui étudient de près le monde des relations.

Mythe 1: Les couples qui restent ensemble, s’aiment vraiment. L’amour fait qu’une relation soit durable.

Faux: Il est impossible de rester dans un état permanent d’amour, n’étant pas possible, en général, de rester bloqués dans n’importe quel état. Il y a des couples qui fonctionnent bien, mais qui ne vivent pas ce que nous appelons l’amour romantique. Le temps passe et ces couples trouvent, au fil des années des bénéfices découlant du mariage et des récompenses qui n’ont rien à voir avec l’amour. Un thérapeute en matière familiale, Michael Sporakowski, a déclaré que la durée d’une relation dépend, dans la plus grande mesure, de l’association de la relation avec l’idée de bénéfices et non de la présence ou l’absence de l’amour. En d’autres termes, il ne faut pas confondre les choses.

Mythe 2: Même si au début les deux partenaires du couple ne s’entendent pas, avec le temps, les choses prennent une tournure pour le mieux.

Faux: Bien que tout mariage ait parfois de bons moments et de moments moins bons, beaucoup de couples ne s’entendent pas bien toute la vie. Tout le monde en est surpris, mais ils ne se séparent pas et non pas parce qu’ils s’aiment. Il est difficile de dire pourquoi ils restent ensemble. Les choses ne sont guère simples, une relation est une réalité complexe, un univers de pensées, d’émotions, d’états contradictoires, de froideur et d’acceptation, de distances et de rapprochements, de fatigue et de satisfaction, même mineures, même irrationnelles, éphémères, parfois. Certains croient fermement ou ont une idée fixe, formée de manière définitive, que le mariage est « pour toute la vie », d’autres essaient de se débarasser de cette pensée, mais ils ont peur de la solitude, de la fatigue ou peut-être même du pessimisme. Une étude réalisée sur les couples d’une durée de 40-50 ans montrent que les sujets des disputes résistent dans le temps plus que l’amour. Les états d’âme négatifs sont plus résistants et plus fermes dans notre mémoire émotionnelle. Et, s’ils existaient au début de la relation ils ont tendance à revenir, ils sont toujours éveillés et activés à tout moment, même si nous ne le voulons pas.

Mythe 3: Ils ne seraient pas restés ensemble s’ils n’avaient pas été heureux.

Faux, bien que,rarement, vrai. Il faut un peu de réalisme et une plus profonde philosophie de la vie.
Ne vous attendez pas trop d’une relation et ne pensez pas que la relation est le paradis. Les gens peuvent être heureux sans amour et bonheur incommensurables.
La conclusion est que piégés par le mythe des grands amours – qui, cependant, peuvent exister – l’idée de l’engagement nous fait peur et l’échec nous effraye aussi. Et alors on entre dans une relation avec des attentes modestes.Nous devrions plutôt penser que rien n’est parfait, même pas ce que nous pensons être amour. Et lorsque nous nous écartons trop de cette image, nous souffrons. Alors, après tout, les mythes ont une très forte puissance à modifier nos attentes et la façon dont nous percevons la réalité.
Un psychologue nous propose de penser, en faisant abstraction de l’amour et de voir une relation à long terme comme quelque chose qui nous apporte des avantages et des opportunités à travers l’engagement et le confort. Et n’oubliez pas les différences entre les hommes et les femmes! Chacun a sa propre définition des grands mots:bonheur, amour etc, et les comprend à sa manière.

 
 
décembre 18th, 2010

Entre les personnes qui s’aiment a toujours existé une relation mystérieuse entre la présence et l’absence physique. La proximité ou être près de quelqu’un ne signifie pas nécessairement une présence psychologique. Par conséquent, on dit que tant qu’on existe dans l’esprit de quelqu’un, on n’est pas loin de celui-ci, ou absents. Bien sûr, cela implique l’idée d’espace. Si vous êtes ou non dans le même espace est important. Le désir d’être ensemble représente la victoire de la nécessité de partager le même espace. Evidemment, en même temps.

De nos jours, la technologie moderne, autant que possible cherche à résoudre les inconvénients de la distance, l’incapacité d’être physiquement présents dans une relation. Nous avons même des relations virtuelles dans lesquelles la composante physique disparaît et où la communication non verbale ne fonctionne plus, comme il arrive dans l’échange de messages e-mail. Est-ce quelque chose qui apporte de la frustration dans une relation? Sans doute oui.

La distance dans l’espace, le manque de contact physique, tuent lentement l’amour.

À une certaine époque, les distances spatiales étaient très difficiles à supporter, et demandaient plus de temps. Les amoureux portaient avec eux des objets-substituts, qui ne sont plus utilisés aujourd’hui. Ils portaient des médaillons avec une petite image, soit une peinture, ou, plus tard, une photographie de l’être aimé. L’imagesubstituait la personne. Aujourd’hui, on ne porte plus de médaillons de l’amour.

L’importance de maintenir une relation physique pour nous garder d’oublier est reconnue dans certaines professions où, si l’un des partenaires doit se déplacer dans un autre espace, il est autorisé à être accompagné. La raison est simple. La distance dans l’espace apporte dans une relation vulnérabilité et le danger de la rupture.

Le fait que la distance apporte ce danger n’est pas, toutefois, un risque absolu parce que non seulement l’espace est important mais aussi le temps. Combien de temps dure la séparation est une autre variable de la vulnérabilité. Vous ne pouvez pas être séparés pendant une longue période de temps et l’amour qui a duré pendant des années sans une présence physique est devenu un mythe.

A notre époque il arrive que le rythme de vie soit en corrélation avec la défaite des grandes distances, de l’espace et ces deux faits nous obligent à changer. Le changement semble toujours une commande de la vie aujourd’hui. Personne ne semble prête à attendre.

Si nous parlons d’une habitude, on peut dire qu’elle s’applique à la fois à une absence comme à la présence de quelqu’un. Quand quelqu’un n’est pas physiquement présent, nous nous sommes habitués à son absence physique, mais souvent cette personne reste présente dans nos esprits et nos pensées. S’agit-il encore d’amour? Parfois, la vie continue, avec quelqu’un d’autre, mais celui qui n’est pas présent reste à nous hanter l’esprit.

La proximité exagérée a également des effets négatifs, ce qui dilue l’amour du premier jour, un effet de couple que les psychologues considèrent comme la cause de la dépersonnalisation. Par conséquent pour maintenir une relation vivante, on doit alterner la présence physique avec l’absence physique, disent les psychologues.